Pendant des décennies, les parkings souterrains ont été pensés comme de simples espaces destinés à accueillir des véhicules. Pourtant, les grandes métropoles sont confrontées à une transformation sans précédent : transition écologique, changement climatique, nouvelles mobilités, pression foncière, logistique urbaine… autant de défis qui obligent à repenser l'usage des infrastructures existantes. Et si les parkings souterrains devenaient demain les véritables hubs urbains des métropoles ? Loin d'être une projection, cette évolution est déjà en cours.
Pourquoi les sous-sols deviennent-ils un enjeu stratégique pour les villes ?
Les villes disposent d'une ressource devenue particulièrement rare : l'espace. Chaque nouveau service urbain – bornes de recharge, pistes cyclables, végétalisation, logistique du dernier kilomètre, espaces publics ou équipements collectifs – entre aujourd'hui en concurrence pour occuper les quelques mètres carrés encore disponibles en surface.
Dans ce contexte, les infrastructures souterraines représentent un patrimoine largement sous-exploité. Déjà construites, raccordées aux réseaux, sécurisées et réparties au cœur des quartiers, elles offrent une formidable capacité d'adaptation sans nécessiter de nouvelles emprises foncières. La ville durable ne consistera pas uniquement à construire davantage. Elle reposera aussi sur notre capacité à réinventer les infrastructures déjà présentes.
Pourquoi les parkings ne sont-ils plus uniquement des lieux de stationnement ?
La fonction de stationnement reste essentielle. Mais elle ne suffit plus à définir le rôle d'un parking dans une métropole. Aujourd'hui, un même ouvrage peut accueillir simultanément des bornes de recharge pour véhicules électriques, des espaces sécurisés pour les vélos, des stationnements dédiés aux deux-roues motorisés, des services numériques, des solutions de réservation en ligne, des activités annexes/services ou encore des espaces destinés à la logistique urbaine.
Le parking devient progressivement une plateforme de services intégrée au fonctionnement quotidien de la ville. Cette évolution répond à une logique simple : rapprocher les services des lieux où les habitants vivent, travaillent, consomment ou se déplacent.
Pourquoi les infrastructures existantes sont-elles la réponse la plus durable ?
Face aux enjeux environnementaux, construire de nouvelles infrastructures n'est pas toujours la meilleure solution. Réutiliser des équipements existants permet de limiter les travaux lourds, de préserver les sols, de réduire les coûts d'investissement et d'accélérer le déploiement de nouveaux services.
Cette logique s'inscrit pleinement dans les objectifs de sobriété foncière, de limitation de l'artificialisation des sols et d'optimisation des investissements publics. Le sous-sol devient ainsi un espace stratégique de la transition écologique.
Comment les infrastructures souterraines répondent-elles déjà aux défis climatiques ?
Le changement climatique modifie progressivement la manière dont les villes doivent concevoir leurs infrastructures. Les épisodes de fortes chaleurs se multiplient. Les vagues de chaleur sont plus longues, plus fréquentes et plus intenses. Les infrastructures urbaines doivent désormais contribuer à l'adaptation des territoires.
Les parkings souterrains disposent à cet égard d'un avantage souvent méconnu. Grâce à leur inertie thermique naturelle, ils conservent des températures plus stables que les espaces extérieurs. Lors des épisodes de canicule, ils offrent un environnement mieux protégé pour les véhicules, leurs batteries, leurs équipements électroniques mais également pour les vélos, les motos et les différents équipements de mobilité. Cette capacité naturelle à limiter les effets des fortes chaleurs ouvre une nouvelle perspective : les infrastructures souterraines participent désormais à la résilience climatique des métropoles. Leur rôle dépasse donc largement celui du stationnement.
Comment Saemes observe-t-elle cette transformation ?
Cette mutation est déjà visible au quotidien. Avec 63 parkings répartis dans Paris et sa proche couronne, près de 33 500 places exploitées, plus de 2,5 millions de clients accueillis chaque année et plus de 1 800 points de charge pour véhicules électriques, Saemes dispose d'un observatoire privilégié des nouvelles mobilités. Son implantation au cœur des principaux quartiers résidentiels, commerciaux, culturels et des grands équipements publics lui permet d'observer l'évolution des usages au plus près des besoins des habitants. Une tendance se confirme : les infrastructures les plus performantes sont celles qui s'intègrent naturellement aux déplacements du quotidien. La proximité devient un facteur essentiel d'adoption des nouveaux services.
Que nous apprend l'évolution des usages ?
L'expérience acquise sur le terrain met en évidence plusieurs enseignements.
Les mobilités deviennent de plus en plus multimodales
L'automobile cohabite désormais avec le vélo, les deux-roues motorisés, les véhicules électriques et les nouveaux services de mobilité. Cette évolution se traduit déjà chez Saemes avec plus de 1 400 places vélos sécurisées réparties dans plus de 30 parkings franciliens ainsi que près de 2 300 places dédiées aux deux-roues motorisés.
La recharge devient un service de proximité
Le développement de plus de 1 800 points de charge montre que les usagers recherchent avant tout une recharge simple, proche de leurs lieux de vie ou de travail et intégrée à leurs déplacements quotidiens. On ne se déplace plus pour recharger son véhicule. On recharge son véhicule pendant que l'on travaille, fait ses courses, assiste à un spectacle ou se rend à un rendez-vous.
Les parkings deviennent des infrastructures de proximité
Au-delà du stationnement, ils accueillent progressivement de nouveaux services qui accompagnent les évolutions de la ville et répondent à des besoins toujours plus diversifiés. Ils deviennent des équipements urbains polyvalents, au service de la ville du quart d’heure. Ainsi Saemes propose à ses clients parisiens de profiter de leur temps de stationnement pour faire laver leur véhicule (lavage à sec ou à vapeur), aux motards de laisser leur casque dans l’une de leurs consignes gratuites, de faire réparer leur vélo ou de retirer leurs colis dans l’une des consignes relai-colis installées dans ses parkings.
À quoi ressemblera le hub urbain de demain ?
Demain, les infrastructures souterraines pourraient concentrer un ensemble de services essentiels au fonctionnement des métropoles :
- Recharge des véhicules électriques ;
- Stationnement sécurisé des vélos et des deux-roues ;
- Espaces dédiés aux mobilités partagées ;
- Micro-logistique urbaine ;
- Services numériques connectés ;
- Espaces participant à la résilience énergétique des villes ;
- Services et activités annexes (lavage-auto, réparation vélos, consignes à casques motos, consignes relais-colis…)
- Solutions contribuant à l'adaptation au changement climatique.
Autrement dit, les parkings évolueront vers de véritables hubs urbains capables de répondre simultanément aux enjeux de mobilité, d'environnement, de logistique et de qualité de vie.
Les infrastructures invisibles construiront la ville de demain
Les grandes transformations urbaines ne se joueront pas uniquement en surface. Elles dépendront tout autant de notre capacité à révéler le potentiel des infrastructures déjà présentes sous nos pieds. Les sous-sols constituent un patrimoine considérable, encore largement sous-exploité. Ils peuvent accompagner la transition écologique, faciliter le développement des nouvelles mobilités, renforcer la résilience climatique des métropoles et accueillir les services indispensables à la ville de demain, sans artificialiser davantage les sols.
Le parking souterrain n'est plus seulement un lieu où l'on stationne. Il devient progressivement un actif stratégique au service de la ville durable. Et si les infrastructures les plus importantes des métropoles de demain étaient finalement celles que l'on ne voit presque jamais ?